Les autorues

Denis CHEYNET, 23 septembre 2011

Qu’est-ce qui différencie une route d’une autoroute ? Est-ce le fait que celle-ci soit payante ? Non puisqu’il existe des autoroutes gratuites. Est-ce le fait qu’elles comportent au moins deux fois deux voies séparées ? Non plus puisque les voies express ou voies rapides qui comportent elles-aussi des chaussées séparées ne sont pas des autoroutes.

Si l’on en revient à l’origine du mot« autoroute », formé à partir de l’abréviation du mot « automobile » et du mot « route », alors l’autoroute n’est rien d’autre qu’une route destinée exclusivement aux automobiles. Les motards et les camionneurs auront beau manifester, ils auront du mal à obtenir que celles-ci soient renommées « motoroutes » ou « camioroutes », bien que cela puisse se révélerpertinent dans le deuxième cas.

Tout cela pour en arriver à la question suivante : existe-t-il des routes qui n’aient pas été conçues ou aménagées avant tout pour les automobiles (en dehors de quelques rares voies piétonnes ou cyclables) ? Puisque les routes sont destinées presque exclusivement aux voitures, je soutiens que l’ensemble des routes sont de fait des autoroutes et qu’il n’est plus la peine de faire la distinction entre ces deux mots. Appelons donc un chat un chat et une route une autoroute.

De même, à l’exception de quelques hyper-centres devenus des galeries marchandes piétonnières, une très grande majorité de l’espace urbain reste occupée par les automobiles et ce, à la fois pour la circulation et le stationnement. Toutes ces rues, destinées aux voitures ne sont en fait que des autorues. De cette manière, on comprend plus aisément qu’il faille faire attention lorsque l’on traverse l’autorue et qu’aucun parent sensé n’ose laisser ses enfants s’y aventurer avant qu’ils n’aient obtenu le permis de conduire.

Pour ma part, je rêve de simples routes où je puisse balader à bicyclette et de simples rues où je puisse laisser mon fils apprendre à marcher sans se faire écraser. Je ne demande pas plus, mais moins, c’est-à-dire que l’on libère ces deux mots des autos qui sont venu s’y greffer.